8 conseils inspirés du tango argentin pour vivre pleinement votre féminité

RENCONTRE INSPIRANTE. Aujourd’hui, j’ai choisi le prétexte de la danse, et en particulier du tango argentin, pour parler de la femme et de liberté. Mon invitée spéciale s’appelle Sòl Buffet-Casal, Directrice de la compagnie de danse Libertango à Lyon 7. Sòl est une Argentine de Buenos Aires qui incarne pleinement sa féminité, notamment à travers le tango argentin, danse qu’elle pratique et qu’elle enseigne avec la même passion qui l’anime dans la vie. Découvrez à travers cette conversation à bâtons rompus, sans chichi (chacha n’y était pas non plus),  8 secrets pour vivre pleinement votre féminité.


Quand j’ai participé pour la première fois au cours de Sòl, j’ai été séduite par sa pédagogie. Elle apprend d’abord à savoir être, condition sine qua non pour savoir faire, ici en l’occurence savoir danser le tango argentin. C’est avec beaucoup de naturel et de spontanéité, comme à son habitude, qu’elle a accepté de converser avec moi. Elle partage sa vision du tango argentin, de la femme, de la vie et distille par là-même de précieux conseils pour incarner jusqu’au bout la femme que vous êtes. Lisez et écoutez.

1/ Libérez votre féminité

Je pense que le tango pour les femmes, c’est une porte d’entrée sur la découverte du féminin qui sommeille en chacune d’entre elle. C’est un espace qui permet d’essayer des choses qu’elles n’oseraient sans doute pas faire en temps normal, quand elles vont au travailler, quand elles sont en famille, etc. Le contexte du bal de tango autorise un style vestimentaire particulier – la robe fendue, les paillettes, les talons aiguilles; il donne accès à un espace d’amusement et de liberté que peut-être l’on n’a pas ailleurs.

 

2/ Acceptez le chaos pour libérer votre créativité

Le tango, c’est une invitation à traverser la rencontre – entre deux personnes –  pour en sortir transformée, avec un vécu, avec une expérience intense. Deux énergies se rencontrent et créent quelque chose. Cette chose peut être très agréable à vivre, parfois très intense, voire même violente.

Dans le tango, il y a toujours un leader et une personne guidée. C’est une convention qui permet une complémentarité. Cette complémentarité  va générer une espèce de chaos qu’il faut savoir accueillir. Car sans chaos, il n’y a pas de créativité. Sans chaos, il n’y a pas de lyrisme. Sans chaos, il n’y a pas d’art. Et c’est ce chaos qui va permettre de se découvrir, de découvrir une manière de s’exprimer grâce à l’autre, grâce à sa capacité de traverser le chaos ensemble.

 

3/ Incarnez pleinement votre corps

En tango, la respiration – l’inspiration et l’expiration – est essentielle. Inspirer c’est faire rentrer son esprit en soi, selon les yogis. C’est comme si vous deveniez vous-même. En inspirant, vous incarnez votre corps, vous devenez consciente et capable de créer avec lui. Si votre esprit et votre conscience sont en dehors de votre corps, il n’y a pas d’énergie qui l’habite. Quand vous respirez, vous ressentez et comprenez le corps de l’autre. Et là, toutes les connexions peuvent commencer à exister, entre vous, avec les autres couples qui évoluent sur la piste, avec la musique, avec le sol, etc.

 

4/ Osez être vous-même

Pour bien danser le tango argentin, il faut que la femme ose se rencontrer elle-même. Elle doit accepter sa fragilité qui, en réalité, est sa plus grande force. Elle doit incarner ses valeurs féminines jusqu’au bout. Pour revenir à la respiration, ce qui permet justement de s’ancrer en soi, de prendre assise en soi, de s’assiéger et d’être soi-même, c’est l’expir. Il faut oser être qui on est pour bien danser le tango. Vous pouvez connaître plein de formes techniques, mais si elles sont inhabitées, dissociées de votre individualité, vous ressembleriez plus à une machine qu’à une femme. Et ce serait dommage.

Où danser le tango argentin à Lyon

© Le 8 renversé

 

5/ Si vous ressentez un appel, allez-y !

La danse, le tango argentin compris, est une invitation à reprendre confiance en soi. Ce qui est bien, c’est que cela se fait en s’amusant. Quand on sent l’appel de ce genre de pratique – celle des danses latines notamment avec une teinte chaleureuse, des paillettes, etc – n’hésitez pas à y aller. Cela dit, le tango n’est pas la seule façon de reprendre confiance en soi. C’est possible aussi en étant en jean et en tongs…

 

6/ Exigez et prenez la place que vous pensez mériter

Actuellement la femme en Argentine mène plusieurs combats pour trouver la place à laquelle elle a droit dans la société. Il y a par exemple le combat pour la légalisation de l’avortement. Il y a également la lutte contre les violences conjugales. J’ai la sensation que la femme cherche en réalité à être dans un rôle moins conformiste. On n’a plus besoin qu’on nous procure une sécurité à travers le foyer. Il faut que cette sécurité-là soit ancrée dans la société.

Sans chaos, il n’y a pas de créativité. Sans chaos, il n’y a pas de lyrisme. Sans chaos, il n’y a pas d’art.

Tant qu’il n’y aura pas de cadre social, sociétal et politique – par exemple pour empêcher que les femmes meurent en se faisant avorter de façon illégale – la femme va aller chercher cette sécurité-là dans un foyer et souvent elle se trompe. La femme en Argentine cherche à consolider sa place. Elle veut faire partie d’une société qui la considère en tant que telle et qui lui procure la sécurité à laquelle elle aspire en tant que femme. Et puis, il y aussi des femmes merveilleuses qui sortent du lot, qui font bouger les lignes.

 

7/ Quelles que soient vos origines et votre culture, exprimez votre droit à la liberté

Quand je suis arrivée en Europe en 2001 (d’abord la Suisse, puis la France), j’ai réalisé que je n’avais pas besoin de devenir quelqu’un, j’étais déjà quelqu’un. Cela m’a permis de retrouver un certain équilibre.

La façon de vivre la liberté est peut-être différente selon sa culture. Une femme en Europe se saura libre si elle sent qu’elle peut disposer de sa vie, de son corps, de son temps comme elle le souhaite. En Argentine aussi. À la différence peut-être, que dans les pays d’Amérique latine, par exemple, les femmes font beaucoup de chirurgie plastique. C’est sans doute une manière pour elles de s’approprier leur corps, de dire “Je fais ce que je veux de mon corps”. Ici en Europe, c’est différent. Mais à bien y regarder, tous ces comportements naissent d’un même besoin : celui de la liberté d’être et de faire.

 

Danser le tango argentin à Lyon avec Sòl Buffet-Casal

© Pang yi

8/ Pour être heureuse et libre, cultivez la gratitude

Je viens d’une famille très humble. Heureusement, j’avais en moi ce feu, cette force de caractère qui m’a permis d’affronter la difficulté et qui me permet aussi de rester proche de l’esprit et de la matière. Autrement dit, quand on sort de cet état d’urgence (manger, boire, nourrir son enfant…), cela donne une certaine ouverture. Pour moi par exemple, avoir une compagnie de danse, c’est un luxe. C’est quelque chose que j’ai créé par la force de mon travail.

Tout cela pour dire qu’il y a d’autres formes de nourriture. Et quand on dit merci aux choses qui nous font du bien, c’est comme si on envoyait une vibration à l’univers qui va nous revenir en mille fois. Il y a toujours beaucoup de choses à changer. Mais souvent, on est habituées, et même éduquées à regarder ce qui ne va pas. On se trouve toujours trop grosse, trop mince, on n’est jamais assez bien. Alors que si on apprend à regarder ce qui va, eh bien on réalise qu’il y a pas mal de choses qui vont bien finalement. On croit souvent que tout nous est dû; on a tort. Tout ce qui nous entoure – nos proches, notre maison, etc. -, ce sont des paramètres qui peuvent disparaître du jour au lendemain. Et si on ne prend pas le temps de la gratitude, on passe à côté de beaucoup de joies. L’une des plus grandes sources de malheur selon moi, c’est ce manque de regard positif sur la vie, sur sa propre vie.

Et pour finir, je suis très honorée d’être une femme. Je fais plein de bisous à la planète.

© photos : Libertango / Le 8 renversé / Pang yi / montage photo à la une : BBOS Concept

 

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