Les femmes qui lisent sont dangereuses

La liste des combats livrés sur l’autel de l’émancipation de la femme et de l‘égalité des sexes en France est longue. Du « sois belle et tais-toi », on a sans doute progressé vers le « sois intelligente mais ne le montre pas trop ». Eh oui, depuis la nuit des temps, entre elles et les garçons le torchon brûle. Il brûle au bureau. Il brûle en politique. Il brûle à la maison, sous la couette, dans la cuisine… Bref, ça chauffe de partout, et même dans la bibliothèque.


Les femmes qui lisent sont dangereuses. Voici un titre qui donne envie d’en savoir plus. Laure Adler et Stefan Bollmann, les auteurs du livre, nous livrent leur regard, mais pas que.

 

Il était une fois… les femmes

Les femmes et la vie publique ? 1944, affaire classée, elles obtiennent le droit de vote et d’éligibilité. Les femmes et le droit à l’avortement ? Depuis 1975, c’est de l’histoire ancienne, la loi pour l’interruption volontaire de grossesse est votée, merci Simone Veil. Ah oui, les femmes et la politique ? Euh, on dira que c’est une affaire en cours avec une avancée notable en 2000 et la loi sur la parité politique. Les femmes et le mariage? 1938, adieu l’incapacité juridique de la femme mariée, ouf ! Quant aux femmes et le travail ? Mmmhh, quelques frétillements à partir de 1946 quand la notion de salaire féminin a été supprimée. Les femmes et leurs enfants ? 1970, on accueille l’autorité parentale. Pour ce qui est de la puissance paternellethrown away ! Thrown quoi ? bref, au fond de la poubelle. Et ce n’est pas fini. Il y a aussi les femmes et les livres.

 

Des femmes qui ont marqué l'histoire

 

Il était une fois les femmes et… les livres

Voici ce que Laure Adler, l’un des auteurs du livre « Les femmes qui lisent sont dangereuses », en dit : « Le livre enseigne aux femmes que la vraie vie n’est pas celle qu’on leur fait vivre ». Ah oui ? Et qu’est-ce que ces autres hommes craignent que les femmes découvrent dans l’intimité du livre? Asseyez-vous, je vous livre ex abrupto quelques bribes de réponse : « Car la femme qui lit est une insatiable sexuelle. Au lieu de lire, elle ferait mieux de frotter le parquet de son appartement tous les matins, de s’injecter des lotions calmantes dans le vagin, de boire des infusions de fleurs de mauve… »

 

C’était il y a très longtemps

S’il faut vous rassurer mesdames, et messieurs compatissants, ce livre parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (pour une fois, on peut dire que Charles Aznavour lui-même n’a pas connu ce temps-là), que vous ne connaissez pas, et que vos parents et grands-parents ne connaissaient pas non plus, à moins qu’ils n’aient côtoyé des Napoléon 1er, des Denis Diderot, des Voltaire et compagnie. A cette époque-là, il était impensable que les femmes puissent troquer leurs tabliers contre le puits de savoir et de lumière que leur offrirait l’univers du livre qui était dès lors auréolé du statut de fruit défendu.

S'inscrire à la lucki newsletter

Mais ce n’est pas ce que vous croyez

Cela dit, je dois à la vérité de vous dire que vous ne trouverez pas dans ce livre ce que vous pensez, peut-être. En effet, point de diatribe anti-testostérone, point d’éloge de la femme omnipotente, point de terreau pour faire pousser l’arbre de la haine des genres. Si les 22 pages, exquises, qui introduisent le sujet en disent long sur l’histoire du rapport de la femme au livre et à la lecture au fil des siècles, toutes les autres pages sont consacrées à une vision artistique de la femme en lecture.

Les femmes qui lisent sont dangereuses, photos et peintures

Ce livre regroupe en effet un ensemble de commentaires de photographies et de peintures d’artistes de toutes les époques, depuis le Moyen Âge jusqu’aux temps modernes, pour raconter l’émancipation de la femme par la lecture.

Vous irez ainsi à la rencontre de lectrices pleines de grâce, vous vous frotterez à des lectrices conscientes d’elles-mêmes, vous vous laisserez attendrir par des lectrices sentimentales, autant que vous succomberez à des lectrices passionnées et que vous partagerez l’univers de lectrices solitaires. Et peut-être même que vous croiserez la route de la lectrice que vous êtes. A moins que vous ne la connaissiez déjà…

 

Les femmes qui lisent sont dangereuses, par Laure Adler et Stefan Bollmann, éditions Flammarion, 2015, 154p.

 

 ACHETER Les femmes qui lisent sont dangereuses

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *