Jeannette et Yaoundé : amour, amour quand tu nous tiens !

Avec son roman « Jeannette et Yaoundé », Barbara Kréol’ invite à la sensibilité, à la romance, et sans doute aussi à la transcendance de l’éloignement géographique et culturel entre deux personnes d’origines différentes, grâce à l’amour.


Le bonheur parfait est quelque chose de très proche de la tristesse. Charlie Chaplin, père de cette pensée, en savait sans doute quelque chose. Tout comme Barbara Kréol’, Auteure du roman « Jeannette et Yaoundé ». Son récit célèbre en effet l’amour dans toute sa beauté, dans toute sa profondeur et dans toute sa force.

 

L’amour : un sentiment ambivalent ?

Et de la même manière, il illustre la souffrance que ce même sentiment à l’origine noble, peut, paradoxalement, provoquer. Comme si amour et souffrance faisaient finalement partie d’une même réalité, ambiguë certes, mais nécessaire, à la fois belle et terrible, merveilleuse et sinistre.

A ce titre, le livre de Barbara Kréol’, est, on peut le dire, l’épopée de l’amour-douleur, la célébration de l’amour-sacrifice, l’exemple parfait de l’amour trop beau pour être vécu.

 

Quand la vie n’en fait qu’à sa tête…

Quand ils se rencontrent, Jeannette et Yaoundé sont tous deux étudiants à Paris. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Ils forment un beau couple ; la jeune Martiniquaise est aussi jolie que le jeune Camerounais est séduisant. Les tourtereaux caressent le projet de se marier à la fin de leurs études. Mais la vie n’en fait décidément qu’à sa tête.

De retour dans leurs pays d’origine pour les vacances, ils perdent le contact, malgré eux. Sans nouvelles de son bien-aimé, Jeannette, désenchantée, se jette à corps perdu dans son travail en Martinique. Elle épouse Gaétan avec qui elle a d’adorables enfants. Yaoundé quant à lui, fait la fierté des siens dans son pays, affichant un parcours professionnel exceptionnel. Il devient un homme respecté et respectable. Il a un fils. Néanmoins, aucune femme ne réussit vraiment à conquérir son cœur.

La vie des deux protagonistes va basculer le jour où, Yaoundé, en Martinique pour un prétendu voyage d’affaires, croise la route de Jeannette. Le cœur ayant ses raisons que la raison ne connaît point – c’est feu Blaise Pascal qui l’a dit –, les deux ex-fiancés réalisent que leur passion amoureuse est égale à celle qui les liait il y a quelques années. Est-ce le cœur ou la raison qui l’emportera?

 

Entre suspens et rebondissements

Le dilemme s’invite implacablement dans ce récit qui surprend et séduit par la fluidité de l’écriture, par les croustillants rebondissements, par la persévérance des deux personnages principaux dans leur amour.

D’ailleurs, à propos de ces derniers, il ne nous échappera pas le choix de l’écrivaine, sans aucun doute délibéré, d’une Martiniquaise et d’un Africain, plus précisément d’un Camerounais : probablement une habile manière pour Barbara Kréol’, de raconter la relation entre les Antilles et l’Afrique, avec leurs histoires liées, leurs traditions, us et coutumes.

Faut-il rappeler en effet que l’auteure est elle-même Martiniquaise vivant à Paris, au cœur de la diaspora afro-caribéenne, et, dès lors, au carrefour des cultures ? Quoi qu’il en soit, le lecteur peinera à se défaire de ce roman tant qu’il n’en sera pas arrivé au bout. C’est certain, le roman de Barbara Kréol’ ne saurait laisser indifférents, même le plus insensible des cœurs …

 

Jeannette et Yaoundé, par Barbara Kréol’, Edilivre.com (commande uniquement sur Internet), 2008, 220 p.

 

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