Muriel Tramis : du multimédia à la littérature

 Après avoir occupé le devant de la scène dans le monde du jeu vidéo et des technologies de l’information et de la communication il y a quelques années, Muriel Tramis refait surface avec une autre corde à son arc.


Muriel Tramis fait la fierté de la Martinique quand en 1987, la Ville de Paris lui décerne une médaille d’argent pour « Méliwo », le premier jeu vidéo antillais ; quand dix ans plus tard, à Londres, elle est choisie comme lauréate française par la Fédération Européenne des Femmes d’Affaires Noires, et remporte un trophée dans la catégorie French Corporate – on s’en rappelle, à la même époque, le France-Antilles magazine la surnomme la « star du multimédia » ; ou encore quand elle décide, après avoir quitté la multinationale Vivendi Universal en 2003, de créer sa propre entreprise, Avantilles, spécialisée dans la conception de produits de réalité virtuelle notamment.

 

Muriel Tramis à la conquête d’un nouveau public

C’est donc tout naturellement qu’on se laisse surprendre une fois de plus par cette femme aussi talentueuse qu’avant-gardiste, quand on la voit arriver avec sérénité sur la scène littéraire. Non pas pour faire la promotion d’un jeu vidéo nouvelle génération, mais pour présenter son premier roman, paru aux éditions Dagan : « Au cœur du giraumon ». Si la fiction et le réel y flirtent sans détour, il n’y est toutefois pas question de monde virtuel. Loin s’en faut.

 

Un roman au cœur de la société martiniquaise

C’est la Martinique des années 73-74 que l’on (re)découvre à travers les yeux, le cœur et les expériences de trois jeunes filles d’une école catholique : Séverine, une békée, Paola, une mulâtresse et Eliette, une négresse.

On comprend dès lors qu’on parlera d’amour, d’amitié, mais également d’une société, avec ses joies, ses peines, ses manques, ses hontes, ses espoirs et ses désespoirs, et où la couleur de la peau fait la différence. On comprend aussi que le style romanesque choisi par l’auteure n’est qu’un habile prétexte pour dire des vérités ; pour s’interroger ; pour décrire à sa manière un passé qui a existé et dont on ressent encore aujourd’hui les stigmates ; pour remettre au goût du jour des problèmes sociétaux et identitaires sans doute non résolus ; et sans doute aussi, pour révéler une part d’elle-même sans jamais vraiment savoir qui de Séverine, de Paola ou d’Eliette lui ressemble le plus. Mais il est vrai que « le couteau seul sait ce qui se passe au cœur du giraumon »…

Au Cœur du giraumon, par Muriel Tramis, Dagan Editions, 2011, 344p.

 

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