Nadiège Guitteaud : Artiste Chorégraphe en Martinique

Il est des personnes dont l’œuvre, la vie, le parcours, sont si riches et si remarquables qu’il semble périlleux de vouloir se lancer dans une quelque entreprise de synthèse. Mais nous optons tout de même pour le risque, calculé, en racontant Nadiège Guitteaud, simplement, c’est à dire telle qu’elle nous apparaît, telle qu’elle se donne, telle qu’elle est : une femme Artiste, Comédienne, Danseuse, Chorégraphe, Professeur de danse, une femme Metteur en scène, mais aussi une femme en couleurs, une femme exaltée, une femme exaltante, une femme pétillante, une femme inspirée, une femme inspirante. Bref, une femme-caméléon.


Même si sa plastique n’en dit rien, cela fait maintenant plus de cinquante années que le 10ème arrondissement de Paris a accueilli son premier souffle. C’était en 1958, trois ans environ après que ses parents Martiniquais aient quitté leur île natale pour venir vivre en France hexagonale, à la Courneuve, dans la Cité des 4000.

Une France natale où la différence est pesante

A l’époque, le quartier est beau, propre, il fait bon y vivre, ou presque. Dans cette en-France-là en effet, celle des années 60, la couleur de peau de la petite fille qu’elle est, jugée trop basanée par ses camarades de classe, tous blancs, fait la différence. Une différence que son innocence ne lui permet pas de décrypter, mais qu’elle ressent dans son cœur d’enfant et qui y résonne avec douleur.

Mais rien de tout cela n’entrave le destin qui attend, plus tard, la belle Antillaise. Un destin qui la conduit, dès l’âge de 15 ans, sur les tréteaux de la danse, là où la vie l’appelle, l’interpelle ; là où le corps se tend, se tord, s’élance, se balance ; là où le monde s’interprète, se met en scène, renaît. Au Centre social de la Courneuve, elle ne se contente pas de pratiquer sagement la poterie avec ses amis. Elle invite tous les enfants de la rue qu’elle croise, à venir danser avec elle. Et les fait bouger, jouer, chanter, mimer. Nadiège Guitteaud, l’Artiste Chorégraphe et Professeur de danse est née.

Un talent émerge et forme de futures stars

Son talent ne passe pas inaperçu. A ses 18 ans, elle abandonne son statut de bénévole pour être embauchée par le Centre, avant d’être appelée aux mêmes fonctions, quelques années plus tard, à l’Ecole Municipale d’Education Physique et Sportive (EMEPS) de la Mairie de la Courneuve.

Elle y fait danser de futures étoiles, Kamel Ouali, Salima Bitout et bien d’autres. Elle y passe onze années pendant lesquelles elle déploie avec foi et passion sa vocation, mais cela ne suffira toutefois pas à la retenir. Le pays de ses parents, qu’elle a découvert lors de ses dernières vacances, l’a séduite et l’appelle. Nadiège Guitteaud a envie de comprendre et de connaître ses origines, d’apprivoiser son histoire, celle de sa mère et de son père. Alors elle part.

La Martinique, nouvelle terre d’accueil

C’est à la fin des années 80 que l’Artiste et son mari jettent l’ancre en Martinique. Quand elle frappe à la porte du Directeur du Montagnac Physic Club pour lui proposer ses services, la semaine d’après, elle est embauchée.

Depuis, d’autres portes se sont ouvertes, et Nadiège Guitteaud a enchaîné les spectacles et comédies musicales – elle ne saurait les compter – ; a révélé des talents – elle ne saurait en apprécier l’étendue – ; a rempli des salles – des plus modestes aux plus grandes; a répandu son savoir-faire à travers toute la Martinique.

 

Quand les élèves d’autrefois deviennent les étoiles d’aujourd’hui

Plus de quarante années de passion, de transmission, de persévérance, au terme desquelles ses élèves d’autrefois devenus des personnalités publiques, lui rendent hommage. C’est le cas par exemple de Sylvie Ohayon, écrivaine et réalisatrice.

Dans son livre « Papa was not a Rolling Stone » (Prix de la Closerie des Lilas, paru aux éditions Robert Laffont), elle consacre sept pages à Nadiège Guitteaud, « la prof antillaise chaude et enivrante comme un ti’ punch, un corps comme un poème d’Aimé Césaire », de la même manière qu’elle la fait revivre dans son film inspiré du même livre et diffusé en salles en novembre 2014.

la prof antillaise chaude et enivrante comme un ti’punch, un corps comme un poème d’Aimé Césaire

Aujourd’hui, Nadiège Guitteaud, la femme-artiste, la femme-épouse, la femme-mère, a envie de continuer de donner, d’éveiller, de distiller bonheur et bien-être autour d’elle, mais à la manière d’une Art-Thérapeute. C’est en effet vers cette voie-là, celle de l’épanouissement à travers l’art, qu’elle se dirige actuellement en se formant notamment à la Danse de l’être. Elle a hâte que, au bout du chemin, apparaisse une lumière, blanche et étincelante, que s’ouvre une porte, nouvelle et accueillante.

 

Nadiège Guitteaud – 0696 311 712 – nadiejdanse@live.fr

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